Fermer
Imprimer


Etat des connaissances sur l’acide valproïque


Mise à jour : 17 décembre 2014



  • Aspect malformatif
    • L’acide valproïque entraîne un syndrome polymalformatif dans 9 à 15 % des cas en moyenne. Ce risque est significativement élevé par rapport à tous les autres antiépileptiques ou thymorégulateurs, au risque chez des femmes épileptiques non traitées et à celui de la population générale (environ 2% de malformations majeures à la naissance).
    • Malformations les plus fréquentes :
      • cardiopathies
      • anomalies de fermeture du tube neural (spina bifida essentiellement) dans 2 à 3 % des cas (0,05% dans la population générale)
      • hypospadias, malformations rénales et des membres
      • fentes labiales et/ou palatines
      • craniosténoses (notamment trigonocéphalies)
      • dysmorphies faciales caractéristiques
    • Effet-dose :
      • Le risque malformatif est proportionnel à la dose d’acide valproïque.
      • Il n’y a pas de dose sans effet. Un risque malformatif existe même à faible posologie (< 700 mg/j).
    • Période à risque :
      • anomalies de fermeture du tube neural : entre 4 et 6 semaines d’aménorrhée
      • malformations cardiaques : entre 4 et 9 semaines d’aménorrhée
      • craniosténoses : a priori toute la grossesse.
    • La présence dans la fratrie d’un enfant déjà atteint d’une malformation liée à l’acide valproïque est un facteur de risque supplémentaire majeur de récidive.
  • Aspects neuro-comportementaux
    • En moyenne, diminution d’environ 10 points du QI global dès l’âge de 1 an.
    • Effet dose :
      • La fréquence et l’importance des atteintes est proportionnelle à la posologie d’acide valproïque.
      • Si pour une posologie supérieure à 800 mg/j le risque est important, on ne peut pas l’écarter pour une posologie inférieure.
    • Le QI verbal est réduit d’une dizaine de points en moyenne chez les enfants exposés in utero, en mono ou polythérapie, et suivis jusqu’à l’âge de 10 ans environ :
      • 20 à 40% des enfants ont un QI verbal < 80
      • Le recours au soutien scolaire et à la rééducation orthophonique est 2 à 6 fois plus fréquent chez ces enfants
    • Les troubles envahissants du développement sont également 5 à 6 fois plus fréquents que dans les populations témoins.
    • La période à risque pour la diminution du QI et les troubles envahissants du développement concerne toute la grossesse.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • L’acide valproïque passe le placenta : les concentration néonatales sont équivalentes ou supérieures aux concentrations maternelles.
    • Des thrombopénies et une diminution du fibrinogène ont été décrites dans quelques cas chez des nouveau-nés de mères traitées jusqu’à l’accouchement.
      L’acide valproïque n’est pas inducteur enzymatique et ses effets indésirables sont indépendants de la vitamine K.
    • Des hypoglycémies ont été signalées dans la première semaine de vie chez des nouveau-nés de mères traitées jusqu’à l’accouchement.
  • Aspect maternel
    • L’acide valproïque peut être responsable chez l’adulte de troubles de l’hémostase sans rapport avec les facteurs vitamine K dépendants : thrombopénie, diminution du fibrinogène, allongement du temps de saignement.

EN PRATIQUE

L’acide valproïque est fortement déconseillé chez la femme en âge de procréer sans contraception efficace et tout au long de la grossesse

1- Dans l’épilepsie (cliquez ici)

2- Dans les troubles bipolaires (cliquez ici)

3- Allaitement et acide valproïque (cliquez ici)